Qu'est-ce que l'eau potable ?

Une eau est dite potable si elle ne présente pas de risque pour la santé de ceux qui la consomment. Pour être potable, l'eau distribuée dans les réseaux doit respecter les normes de qualité définies par le décret 2001-1220 du 20 décembre 2001. En France, à la fin du XIXe siècle, 6 paramètres suffisaient à définir une eau potable. Aujourd'hui plus de 70 paramètres répartis en catégorie sont utilisés pour évaluer sa qualité et apprécier si elle présente un risque pour la santé. Les normes ont donc considérablement progressé et elles continuent à évoluer avec toujours plus d'exigence.

L'eau est dite "potable" si elle respecte les valeurs imposées par la loi. Il existe 5 catégories de paramètres :

  • Des paramètres organoleptiques : ceux qu'on perçoit par les sens (le goût, l'odeur, la couleur et la transparence).
  • Des paramètres physico-chimiques : le pH , la dureté, l'oxygène dissous, les minéraux, etc.
  • Des paramètres concernant des substances indésirables : nitrates, nitrites, matières en suspension, etc.
  • Des paramètres concernant des substances toxiques : métaux lourds, pesticides, etc.
  • Des paramètres microbiologiques : bactéries, coliformes, streptocoques, etc.

Détail des valeurs à respecter pour être dans les normes qualité :

Caractères physiques :
  • Pas de saveur ni d'odeur.
  • Coloration : inférieure à 20 u de l'échelle colorimétrique au platine-cobalt.
  • Turbidité : inférieure à celle d'une solution de mastic de 10 go/100 mL.
  • pH de 6,5 à 9.

 

Caractères bactériologiques :
  • Pas de germes parasites ou pathogènes (les germes tests sont les colibacilles et les streptocoques fécaux).

 

Caractères chimiques normaux :
  • Matières organiques : taux maximum 2 mg/L.
  • Matières minérales : 2 g/L comme taux maximum, 25 mg/L pour nourrisson, femme enceinte ou allaitante.
  • Sulfates : taux maximum 250 mg/L.
  • Chlore : taux maximum 200 mg/L.
  • Sodium : taux maximum 150 mg/L.
  • Magnésium : taux maximum 50 mg/L.
  • Aluminium total : taux maximum 0,2 mg/L.
  • Dureté : entre 7 et 30 ¡ hydrotimétriques.

 

Substances indésirables (taux maximum) :
  • Acrylamide : 0,1 µg/L.
  • Azote Kjeldahl N : 1 mg/L.
  • Benzène : 1 µg/L.
  • Bore : 1mg/L.
  • Bromates : 10 µg/L.
  • Chlorure de vinyle : 0,5 µg/L.
  • Cuivre : 2 mg/L.
  • Détergents anioniques : 200 µg/L.
  • 1,2 dichloréthane : 3 µg/L.
  • Épichlorhydrine : 0,1 µg/L.
  • Fer : 200 µg/L.
  • Fluorures : 1,5 mg/L.
  • H2S : non détectable à l'odeur.
  • Hydrocarbures dissous : 10 µg/L.
  • Manganèse : 50 µg/L.
  • Nitrites (NO2) : 0,1 mg/L.
  • Nitrates (NO3) : 50 mg/L pour la norme habituelle, 25 mg/L pour nourrisson, femme enceinte ou allaitante.
  • Oxydabilité au MnO4K : 5 mg/L.
  • Phénols : 0,5 µg/L.
  • Tétrachloroéthylène et trichloréthylène : 10 µg/L pour la somme des deux.
  • Trihalométhanes : 100 µg/L.

 

Substances toxiques (taux maximum) :
  • Arsenic : 10 µg/L.
  • Cadmium : 5 µg/L.
  • Cyanure : 50 µg/L.
  • Chrome total : 50 µg/L.
  • Mercure : 1 µg/L.
  • Nickel : 20 µg/L.
  • Plomb : 10 µg/L.
  • Antimoine : 5 µg/L.
  • Sélénium : 10 µg/L.
  • Hydrocarbures aromatiques polycycliques (6 substances) : 0,1 µg/L.
  • Dont benzo 3-4 pyrènes : 0,01 µg/L.

 

Pesticides (taux maximum) :
  • Total : 0,5 µg/L.
  • Par substance : 0,1 µg/L.
  • Sauf aldrine et dieldrine : 0,03 µg/L.
  • Hexachlorobenzène : 0,01 µg/L.
  • PCB et PCT polychlorure biphényle et PCT polychlorure triphényle : 0,5 µg/L.

Dans les départements, ce sont les D.D.A.S.S. (Directions Départementales d'Action Sanitaire et Sociale), dépendantes du ministère de la santé, qui sont chargées d'effectuer les contrôles sur la qualité de l'eau. Ces résultats doivent parvenir annuellement à l'abonné pour les communes de plus de 10 000 habitants.

Cependant, ces normes ne sont pas toujours respectées. Voici quelques exemples :

  • En Bretagne, l'analyse d'un échantillon d'une rivière où on pompe parfois pour alimenter la ville de Rennes, a révélé la présence simultanée de neuf pesticides dont il est difficile de connaître les effets à long terme sur la santé humaine.
  • En 1993 et en 1994, 53 millions d'Américains ont consommé de l'eau contaminée (plomb, pesticides, produits chlorés volatils) ; de même 43 autres millions ont été exposés au cryptosporidium, micro-organisme qui a tué plus d'une centaine de personnes à Milwaukee en 1993.